Risquer la vie

Publié le par Mon arbre aux violettes

Une fois de plus, l'appel de la montagne s'est fait entendre et je suis retournée me désaltérer au fond du fond de cette vallée minérale et sauvage du parc des Ecrins. Il était temps, la chaleur de la foule me faisait fuir et je ne me sentais plus trop à ma place dans l'euphorie nationale autour de la coupe du monde...

Risquer la vie

Un pressant besoin de s'élever par la pensée mais aussi en réalité. Prendre de la hauteur, se confronter aux strictes besoins du corps, goûter l'effort, ressentir la fatigue, la faim, la soif, le froid, la morsure du soleil. Trier ce qui est vital de ce qui est futile. Faire d'un replat sa couche, d'un ruisseau sa fontaine et de quelques myrtilles un festin. J'en avais besoin pour me sentir de nouveau à ma place, libre et vivante.

Risquer la vie
Risquer la vieRisquer la vie
Risquer la vieRisquer la vieRisquer la vie
Risquer la vieRisquer la vie

Ici, on ressent la puissance de la vie qui jaillit de cette terre essentiellement minérale. On comprend mieux ce qu'est l'eau vive. Cette eau merveilleuse, descendue des glaciers, cette eau pure et oxygénée qui porte la vie en elle et la conduit jusqu'à la vallée. L'effort à fournir pour atteindre les hauteurs se négocie avec la contemplation des paysages et la sensation de liberté engendrée, ou la découverte de trésors discrets. La faune et la flore se laissent voir volontiers à ceux qui savent regarder.

Ici, seul au milieu de cet écrin soumis aux éléments, l'homme apprend l'humilité.

Ici, l'eau et la roche sont maîtresses. Tous obéissent à leur loi.

Ici, vivre se mérite et rien n'est facile. Les hommes qui vivent ici s'accrochent passionnément à la montagne. Ceux qui y viennent en vacances sont fascinés et partagent le même amour silencieux pour les sommets mythiques. Aimer la montagne ne s'apprend pas, ça ne s'explique pas non plus, c'est inscrit quelque part au fond des entrailles. 

On mesure la puissance de cette passion en pénétrant la petite église de la Bérarde, profondément émus par les noms de ceux qui y ont laissé leur vie, parfois de jeunes vies.

Risquer la vieRisquer la vie
Risquer la vieRisquer la vieRisquer la vie

Qu'est-ce qui nous pousse ainsi à vouloir toujours aller plus haut ? Le désir de vaincre, de se vaincre, le désir d'explorer, de dominer ou l'illusion de la liberté ? Le souvenir de ces hommes et ces femmes qui ont désiré tellement aller au delà de leurs limites m'a fascinée et m'a donner à penser sur notre désir et notre intensité à vivre.

Vivre sa passion c'est quelque part aller au bout de ce que l'on peut vivre et frôler la mort. Vivre pleinement c'est prendre le risque de se brûler les ailes. Vivre c'est risquer de mourir...et pourtant, refuser de prendre des risques, c'est mourir doucement. La vie demande à jaillir et s'exprimer au delà de ses limites, sinon, elle n'est pas. J'admire ces personnes qui ont aimé passionnément la vie, qui ont tant désiré la vie, et quelque part je les envie d'être morts d'avoir trop aimé.

Cela m'a rappelé un texte que j'ai trouvé un jour écrit sur un rocher, au bord d'une falaise :

Risquer la vie

...des mots tirés de la pensée philosophique de Hegel... que je vous laisse à méditer...

Allez ! Osez vivre de toutes vos forces, et soyez heureux !

A bientôt !

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
M
Un bien bel article
Répondre
M
merci Missfujii !
M
Ah l'attrait de la montagne, la passion des hauteurs, ça ne s'explique pas comme d'autres aiment la mer. Je préfère la montagne à la mer, les paysages y sont magnifiques.. Mais les sports d'hiver ne me tentent absolument pas, je la préfère en été... J'aime aussi les régions boisées et la campagne... C'est à cet endroit que je me promenais le soir de la coupe du monde... loin d du bruit et de la foule en folie! ;-) <br /> bisous
Répondre
M
Je crois bien qu'on est de la même facture toutes les deux ! J'apprécie la solitude et les grandes étendues ! C'est là que je ressens la plus grande et la plus belle des libertés ! Non pas que je déteste les autres, je me réjouis de les savoir joyeux, mais me fondre dans la foule et me joindre à leurs élans ne me séduis pas ...
M
Prendre de la hauteur fait s’envoler ton texte ! De belles pensées perchées...
Répondre
M
Il n'y avait que les nuages, le vent, l'eau, les pierres et les fleurs qui ont partagé mes pensées les plus profondes et les plus folles quand j'étais là-haut ! tu as bien raison !